Bonne nouvelle, le taux d'intérêt des marchés financiers (OAT 10 ans), utilisé comme référence pour les taux fixes des prêts immobiliers, est en chute libre. Après une poussée jusqu’à 4,86 % au 3 juillet 2008, ils’établit en baisse à 3,51 % au 18 décembre
Si vous avez un projet immobilier, les conditions sont plus favorables : les taux d’intérêt des crédits immobiliers sont en baisse de près de 0,2 % en novembre. Et cette baisse se poursuit en décembre ! Pour un prêt sur 20 ans, vous pouvez obtenir avec un très bon dossier un taux fixe de 5,00 %.
Analyse économique
La stabilisation du taux à long terme des marchés financiers, autour de 4 %, est liée à plusieurs facteurs principaux :
L’inflation a beaucoup baissé en France, à 1,6 % en octobre : l’inflation a chuté de 0,5 % en novembre pour s’établir à 1,6 % contre 2,7 % en octobre, un plus bas depuis six mois. Cette baisse confirme sa décrue après le pic de cet été à 3,6 % mais ne suffira probablement pas à relancer la consommation. Après avoir atteint environ 2,8 % en moyenne sur 2008, l'inflation devrait ainsi tourner autour de 0,8 % sur l'ensemble de 2009. La baisse de l’inflation est liée au recul du cours des prix des produits pétroliers, qui ont chuté de 5, 4 % % sur un an. Le 19 décembre le baril de pétrole clôturait à 33 dollars, en baisse de près de 80 % depuis son record de 147,50 dollars le 11 juillet. Le pétrole continue à faire du yo-yo au gré de l'appréciation des perspectives pour l'économie, et donc de la demande mondiale en brut. Rien qu’en novembre, les cours ont perdu plus de 25 %.
Dans la zone euro, l’inflation est en forte baisse (2,1 %) tout comme aux Etats-Unis (1,1 %) : le taux d'inflation de la zone euro a beaucoup diminué en novembre s'établissant à 2,1 % contre 3,2 % en octobre mais 4 % en juillet (un record depuis la création de la zone euro en 1999), selon Eurostat. L’inflation atteint ainsi son plus bas niveau depuis 14 mois. Elle se rapproche pour la première fois depuis plus d'un an de l'objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE) notamment grâce au reflux des prix du pétrole redescendus à 33 dollars le 19 décembre 2008.
Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation a chuté de 1,7 % en novembre, un record historique. Cette baisse des prix entraîne un net recul de l'inflation sur un an, qui tombe à 1,1 % contre 3,7 % en octobre et 4,9 % en septembre. En août, elle atteignait 5,4 %. La baisse de l'indice s'explique principalement par la chute des produits énergétiques en baisse de 17 % en novembre par rapport à octobre, soit leur plus fort recul depuis que cette statistique est établie (1957), après une baisse de 8,6 % en octobre.
Très faible croissance en France, récession en Europe : Le produit intérieur brut (PIB) français a augmenté de 0,14 % au troisième trimestre, après une baisse de 0,3 % au deuxième trimestre 2008. Après deux trimestres de croissance négative, tous les analystes s’attendaient à une baisse du PIB de 0,1 point au troisième et au quatrième trimestre. La France table désormais sur une croissance de 1 % en 2008 et entre 0,2 % et 0,5 % en 2009, et 2 % en 2010. Mais selon l’Insee, le PIB (produit intérieur brut) de la France va reculer de 0,8 % sur les trois derniers mois de cette année, de 0,4% entre janvier et mars 2009 et de 0,1 % au deuxième trimestre.
La zone euro est entrée en récession pour la première fois depuis sa création en 1999, avec un recul de 0,2% de son produit intérieur brut au troisième trimestre par rapport au précédent. Déjà audeuxième trimestre 2008, l'économie de la zone avait reculé de 0,2 %, pénalisée par l'euro fort, la baisse de la consommation des ménages et un ralentissement de l'investissement. Pour 2008, la Banque centrale européenne a abaissé sa prévision, et ne mise plus que sur une augmentation de 1,0 % du PIB, contre 1,4% il y a trois mois. Elle s'attend à une récession dans la zone euro en 2009, avec une contraction de 0,5 % en moyenne PIB. C’est pour tenter d’y remédier que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi 4 décembre d'abaisser son principal taux directeur. Pour de nombreux économistes, le quatrième trimestre 2008 s'annonce comme le plus difficile avec un recul de la croissance de 0,5%, contre -0,3 % prévu il y a encore un mois.
La Banque centrale européenne pourrait encore baisser ses taux… Le 4 décembre, la BCE a abaissé de 0,75 point de pourcentage à 2,50% son principal taux directeur, la plus forte réduction de son histoire. Cette baisse était prévisible mais la majorité des économistes s’attendait à une réduction d'un demi-point. Mais face à la dégradation rapide de l'économie et la chute brutale de l'inflation, l’institution a décidé de faire un geste de plus grande ampleur. C’est la 3e baisse en deux mois (de 4,25 % à 2,50 %). Selon plusieurs économistes, le taux de la BCE pourrait descendre à 1,75 % au premier trimestre, avant de toucher un plancher à 1,5 % au deuxième trimestre. L'estimation la plus basse est de 0,5 %, au troisième trimestre, mais les économistes jugent qu'il y a peu de chances de voir la BCE recourir à des taux zéro dans les 12 prochains mois.
La Banque centrale américaine (Fed) ramène son taux à presque 0 %. Afin de faire face à la crise financière et pour tenter de relancer le crédit, la banque centrale américaine a décidé mardi 16 décembre de ramener son taux directeur quasiment à zéro (entre 0 et 0,25% contre 1 % auparavant). C’est une première ! Elle n’avait jamais abaissé son taux directeur à un tel niveau : celui de 1 %, en vigueur depuis octobre (et entre juin 2003 et juin 2004) était déjà le plus bas jamais appliqué par la banque centrale américaine. Depuis le début de l'année, la Fed a fait passer ses taux d'intérêt de 4,25% à 0,25 % en sept fois.
La confiance des ménages est très basse tant en France et qu’aux Etats-Unis : Le moral des ménages français a remonté de trois points en novembre mais reste "à un niveau très faible". Il s’établit à – 43 contre après – 47 en octobre mais – 44 en septembre. Un indice inférieur à 40 est « historique ». Cela risque de peser lourdement sur la consommation, principal moteur de la croissance en France (60 % du PIB). Pour la première fois depuis 10 ans, la croissance de la consommation en France pourrait s'afficher aux alentours de 1 % en 2008.
Aux Etats-Unis, le moral des ménages a encore subi en novembre une baisse historique en raison notamment de la crise financière. L'indice Michigan du moral des consommateurs ressort à 55,3 en novembre, contre 57,6 en octobre mais 70,3 en septembre. Le moral des ménages français a remonté de trois points en novembre mais reste "à un niveau très faible".
A l’inverse : l’indice du Conference Board, a rebondi à 44,9 en novembre en raison du recul du prix de l’essence. Il s’était effondré à 38,0 points en octobre, un niveau jamais vu depuis la création en 1967 de cet indice.
Le taux de chômage augmente dans la zone euro comme aux Etats-Unis : le taux de chômage de la zone euro a augmenté en octobre à 7,7 % atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2007. Compte tenu de la dégradation de l'environnement économique dans la zone euro, le taux de chômage pourrait atteindre 7,8 % d'ici la fin de l'année. 11,7 millions de personnes sont déclarées à la recherche d’un emploi. La hausse du chômage fournit un argument à la BCE pour baisser ses taux d'intérêt.
En France, le chômage enregistre sa plus forte hausse mensuelle depuis mars 1993 avec 46 900 demandeurs d’emploi de plus fin octobre. Le cap symbolique des 2 millions de chômeurs a même été franchi avec 2 004 500 inscrits à l’ANPE. Au troisième trimestre le taux de chômage s'établit à 7,7 % de la population active 2008 avec 12 800 pertes nettes d'emplois soit une hausse de 0,1 point par rapport au deuxième trimestre. Sur un an, le taux de chômage est stable à 7,3 %. L’Insee prévoit en 2008 une perte de 71 000 emplois par rapport à 2007. Pour le premier semestre 2009, la perte serait de 169 000 emplois. Le taux de chômage devrait atteindre 8 % en France métropolitaine, mi-2009.
Aux Etats-Unis, le chômage atteint son plus haut niveau depuis 15 ans à 6,7 % en novembre, tandis que l'économie du pays supprimait encore 533 000 emplois (contre 403 000 emplois en octobre). C’est un chiffre inégalé depuis 34 ans à l’époque du premier choc pétrolier. Avec 1,9 million sur onze mois, le total des destructions d'emplois pour l'année 2008 tout entière pourrait être le plus élevé depuis 1945, où il avait culminé à 2 750 000. Le secteur des services, à lui seul, a supprimé 370 000 postes en novembre, soit les deux-tiers du total. Le marché du travail est frappé de plein fouet par la récession économique et n'a plus créé d'emplois depuis le début de l'année. Le taux de chômage s’élève à 6,7 % contre 6,5 % en octobre, un haut depuis août 1993.
En matière d'emploi, la Fed anticipe désormais un taux de chômage compris entre 6,3 % et 6, 5% pour 2008, et entre 7,1% et 7,6% pour 2009.
Les marchés boursiers toujours en baisse : la Bourse de Paris clôturait aux alentours de 3 220 points le 19 décembre. Dans un contexte de crise financière, la volatilité est toujours élevée. L’indice parisien a perdu 45 % par rapport à son niveau de début d’année (5 550 points au 2 janvier 2008). Sur le long terme, le CAC 40 se situe à un niveau inférieur de près de 55 % par rapport à son niveau le plus élevé de 6 935 points en septembre 2000.
Les marchés boursiers sont très ébranlés par les inquiétudes de récession liée à la crise financière mondiale.
Les conditions du crédit se resserrent en France et dans la zoneeuro : les difficultés de refinancement auxquelles font face les banques sur les marchés du crédit et monétaires les contraignent à revoir leur politique de distribution du crédit. Selon une étude de l'Observatoire Crédit Logement, le montant des crédit immobiliers accordés par les banques en France a diminué de 16 % sur les 9 premiers mois de l’année 2008 et de 26,3 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l'année précédente. Responsables de ce repli, les organismes bancaires appliquent beaucoup plus strictement leurs conditions d’octroi des crédits immobiliers.
Une conjoncture économique morose aux Etats-Unis : Le PIB américain a reculé de 0,5 % au troisième trimestre. En cause : La consommation des ménages américains (70 % de la croissance de l'économie américaine) qui a chuté de 1 % en octobre, sa plus forte baisse depuis septembre 2001. Les ventes de détail aux Etats-Unis ont baissé en novembre pour le cinquième mois consécutif, reculant de 1,8% par rapport à octobre. Les commandes de biens durables ont également baissé de 6,2 % le mois dernier, soit deux fois plus qu'attendu. Pour le 12emois consécutif, l'économie américaine affiche des suppressions d'emplois, signe d'un fort ralentissement économique. L’activité manufacturière en novembre ressort à son plus bas niveau depuis 1982. L'indice des directeurs d'achats publié par l'ISM est ressorti à 33,8 points contre 38,9 en octobre et 43,5 en septembre. La barre des 50 sépare la contraction et de la croissance et un indice inférieur à 40 est exceptionnellement bas.
Dans la zone euro, la confiance économiquese situe également au plus bas depuis 7 ans. L'activité manufacturière dans la zone euro est tombée à un plus bas sans précédent en novembre. L'indice PMI des directeurs d'achats est ressorti à 36,2 en novembre au plus bas depuis 10 ans que cet indicateur existe, contre 41,1 en octobre. L'activité s'est contractée en novembre, pour le 6e mois consécutif, dans l'industrie et les services, au sein de la zone euro. De même, l'activité du secteur des services dans la zone euro a touché son plus bas niveau depuis dix ans au mois de novembre (43,3 contre 45,8 en octobre).
L'indicateur synthétique du climat des affaires dans l'industrie a reculé de 8 points à 80 points en novembre contre 88 en octobre, son plus bas niveau depuis octobre 1993. Il se situe désormais à 20 points en-deçà de sa moyenne de long terme (100).
En France, l'indicateur du climat des affaires dans l'industrie (ICA) s'est établi à 68 en novembre, en baisse de 10 points par rapport à son niveau d'octobre. Il était à 86 en septembre, précise la BdF.
Le marché immobilier américain toujours en chute libre. A tel point que la confiance des constructeurs immobiliers américains a ainsi touché au mois de novembre son plus bas niveau historique, selon l'Association nationale des constructeurs (NAHB). L'indice NAHB/ Wells Fargo s'établit à 9 points, en baisse de 5 points par rapport à octobre. En cause : la raréfaction du crédit, les craintes persistantes sur l'emploi et la perspective d'une récession plombent le moral des constructeurs américains. Les ventes de logements neufs ont chuté de 5,3% le mois dernier, à 433 000 ventes en rythme annuel, soit le plus bas niveau depuis janvier 1991. Sur un an, la baisse atteint 40,1%, soit plus que ce qu'avaient estimé les analystes. Le prix moyen d'une maison neuve atteint son plus bas niveau depuis 2004, à 218 000 dollars, soit une baisse de 7 % par rapport à il y a un an. En octobre, les mises en chantier ont diminué de 4,5% et les permis de construire de 12 %. Le nombre de maisons entamées atteint ainsi les 791 000 unités en rythme annuel - un niveau sans précédent depuis 1959. Selon RealtyTrac, 765 000 saisies ont été comptabilisées au troisième trimestre, en hausse de 3 % par rapport au deuxième trimestre et de... 71 % par rapport à un an plus tôt.